VVPR bis en 2026 : taux, conditions et fiscalité en Belgique
Résumé : Le régime VVPR bis permet aux petites sociétés belges de distribuer des dividendes à un précompte mobilier réduit, longtemps fixé à 15 %. En 2026, ce taux passe à 18 %, dès le premier jour du mois suivant la publication de la loi. Il reste très inférieur au taux standard de 30 %, sous conditions strictes d’apport et de détention.
Trois points de pourcentage. C’est l’écart qui sépare, en 2026, l’ancien et le nouveau visage du régime vvpr bis. Pour une petite société qui distribue des dividendes, cette hausse modifie chaque arbitrage entre rémunération, dividende et avantages comme la Comprendre l’ATN et la fiscalité de la voiture de société (2026). Nous accompagnons chaque jour des indépendants et dirigeants de TPE/PME à Bruxelles et en Wallonie sur ces questions.
Concrètement, le précompte mobilier réduit sur les dividendes des petites sociétés reste un levier d’optimisation majeur, même à 18 %. Face au taux plein de 30 %, l’écart demeure considérable. Encore faut-il respecter des conditions précises d’apport, de libération et de détention des actions. Comprendre ces règles, c’est éviter un redressement fiscal et sécuriser des milliers d’euros à chaque distribution.
Le régime VVPR bis, un précompte réduit pour les petites sociétés
Le sigle VVPR bis signifie Verlaagde Voorheffing / Précompte Réduit. Ce mécanisme permet à une petite société belge de distribuer des dividendes à ses actionnaires personnes physiques avec un précompte mobilier réduit, au lieu du taux standard de 30 %.
Le régime vise uniquement les petites sociétés au sens du Code des sociétés et des associations. Une société est considérée comme petite si elle ne dépasse pas plus d’un des trois seuils suivants lors du dernier exercice clôturé : moins de 50 travailleurs en moyenne annuelle, un chiffre d’affaires hors TVA inférieur à 9 000 000 €, et un total de bilan inférieur à 4 500 000 €. Cette définition couvre la grande majorité des professions libérales, des freelances et des commerces de Bruxelles et de Wallonie.
Le principe est simple. Vous laissez le bénéfice dans la société, il est taxé à l’impôt des sociétés, puis vous vous le distribuez sous forme de dividendes réduits. Cet arbitrage est souvent plus avantageux qu’une sortie en salaire, lourdement taxée et soumise aux cotisations sociales.
Les conditions d’application à respecter absolument

Le taux réduit ne se décrète pas. Vos actions doivent remplir un faisceau de critères cumulatifs, sans quoi le bénéfice est perdu.
- Apport en numéraire : les actions doivent avoir été émises en contrepartie d’un apport en argent, réalisé à partir du 1er juillet 2013, lors de la constitution ou d’une augmentation de capital. Les apports en nature sont exclus.
- Libération complète : les actions doivent être entièrement libérées. Un apport promis mais non versé ne donne aucun droit.
- Actions nominatives : elles doivent le rester sans interruption.
- Détention continue : les actions doivent demeurer en pleine propriété du souscripteur initial. Toute cession à un tiers fait perdre le taux réduit.
- Délai d’attente : la distribution doit intervenir à partir du troisième exercice comptable suivant l’apport.
Ces conditions demandent une traçabilité rigoureuse : extraits bancaires, actes notariés, publications au Moniteur belge. Un dossier mal documenté fragilise votre position en cas de contrôle. Si vous redoutez cette étape, découvrez comment réagir dans notre guide sur Que faire en cas de contrôle fiscal en Belgique ?.
La réforme 2026 : le taux réduit passe à 18 %
Voici le changement central de l’année. Depuis sa création, le précompte réduit était fixé à 15 %. Selon Partena Professional, un projet de loi-programme déposé le 23 février 2026 relève ce taux à 18 %, contre 15 % auparavant.
Le calendrier d’entrée en vigueur est lié à la publication de la loi au Moniteur belge. Le nouveau taux s’applique au premier jour du mois suivant cette parution. Plusieurs cabinets, dont RSM Belgium, soulignent que le taux intermédiaire de 20 % disparaît entièrement pour les nouveaux apports effectués à partir de 2026. Autrement dit, une société constituée en 2026 supporte 30 % avant le troisième exercice, puis 18 % ensuite.
| Moment de la distribution | Avant réforme (jusqu’en 2025) | Après réforme (dès 2026) |
|---|---|---|
| 1er exercice suivant l’apport | 30 % | 30 % |
| 2e exercice suivant l’apport | 20 % | 30 % |
| À partir du 3e exercice | 15 % | 18 % |
Attention à la temporalité. Les dividendes attribués ou mis en paiement avant la bascule restent soumis à l’ancien taux, tandis que ceux versés après tombent sous le nouveau. Le moment déterminant est la date d’attribution, pas la date de décision. Une distribution mal calée dans le calendrier peut coûter trois points inutiles.
Dividende ou salaire : l’arbitrage reste favorable

Même à 18 %, le dividende réduit garde l’avantage. En Belgique, les revenus professionnels peuvent être taxés jusqu’à 50 % à l’impôt des personnes physiques, sans compter les cotisations sociales. Le dividende réduit reste donc un canal de sortie de trésorerie fiscalement plus léger, une fois l’impôt des sociétés acquitté.
Mais l’optimisation ne se limite jamais à un seul levier. Selon une analyse de Neoviaq, la loi-programme du 23 février 2026 réduit l’avantage historique de trois points, ce qui invite à repenser le mix global de rémunération. Salaire, avantages en nature, frais forfaitaires, plan de pension complémentaire, loyer de bureau et dividendes doivent être arbitrés ensemble. Optimiser un canal isolément revient souvent à en pénaliser un autre.
C’est là qu’une simulation chiffrée devient indispensable. Pour cadrer votre stratégie dans les règles, appuyez-vous sur notre analyse du Cadre juridique et réglementaire (approche fiscale).
Les pièges qui font perdre le taux réduit
Le statut d’action éligible n’est pas gravé dans le marbre. Plusieurs opérations, parfois anodines en apparence, annulent définitivement le bénéfice pour les actions concernées.
- Cession à un tiers : une vente, même à un proche hors ligne directe, entraîne la perte du statut.
- Apport en nature : jamais éligible au régime.
- Remboursement de capital : il neutralise l’avantage.
- Augmentation par incorporation de réserves : seuls les apports d’argent frais comptent.
Certains transferts restent toutefois neutres : succession en ligne directe ou entre époux, donation en pleine propriété aux descendants ou entre conjoints, et fusions ou scissions fiscalement neutres dans des circonstances précises. Le gouvernement renforce par ailleurs les mesures anti-abus, notamment sur les liquidations suivies d’une reprise d’activité. Chaque projet mérite une vérification préalable avec un expert. Pour un accompagnement personnalisé, notre équipe propose un Conseil & expertise pour votre situation (fiscalité/entreprise).
Ce qu’il faut retenir pour vos décisions à Bruxelles et en Wallonie
Le régime vvpr bis reste, en 2026, un outil d’optimisation puissant pour les petites sociétés, malgré le passage du taux réduit de 15 % à 18 %. La clé tient dans la rigueur : respecter les conditions d’apport et de détention, dater précisément chaque distribution, et raisonner l’arbitrage dividende contre salaire de façon globale. Une distribution bien préparée sécurise votre trésorerie et vous protège en cas de contrôle. Anticiper vaut toujours mieux que corriger.
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Questions fréquentes
Quel est le taux du VVPR bis en 2026 ?
Le précompte mobilier réduit passe de 15 % à 18 % en 2026, dès le premier jour du mois suivant la publication de la loi au Moniteur belge. Ce taux reste bien inférieur au taux standard de 30 % sur les dividendes.
Toutes les sociétés peuvent-elles en bénéficier ?
Non. Le régime est réservé aux petites sociétés au sens du Code des sociétés et des associations, respectant les seuils de travailleurs, de chiffre d’affaires et de bilan. Les actions doivent aussi provenir d’un apport en numéraire réalisé depuis le 1er juillet 2013.
Une SRL unipersonnelle est-elle éligible ?
Oui, le régime s’applique à toutes les petites sociétés, quel que soit le nombre d’actionnaires. Seul compte le respect des conditions d’apport, de libération et de détention des actions.
Puis-je encore profiter de l’ancien taux de 15 % ?
Les dividendes attribués ou mis en paiement avant la bascule vers 18 % restent soumis au taux de 15 %. Le moment déterminant est la date d’attribution, d’où l’intérêt d’anticiper une éventuelle distribution avec votre comptable.
Comment sécuriser mon éligibilité au régime ?
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